Réflexion sur la mort…

Depuis l’enfance, j’interroge souvent mon rapport à la mort.

J’y ai été confrontée très tôt quand mon arrière-grand-mère est morte. J’étais vraiment toute petite et j’en garde un souvenir à la fois très palpable et très distancié, et la sensation qui me reste est de m’être sentie minuscule.

La cérémonie s’est déroulée dans une église et dans mon « souvenir corporel », si je peux le nommer ainsi, elle me paraissait immense. Je vous certifie aujourd’hui que c’est une toute petite église.

Je me revoie donc toute petite, assise sur ces grandes chaises, ma salopette en velours bleu et mes couettes, regardant le plafond de l’église. Honnêtement, je ne sais pas du tout si je portais cette salopette et si j’avais des couettes à ce moment-là. Cette hauteur de plafond, me semble très réelle en revanche.

Je « sens » encore la présence de mes parents et je me rappelle que j’entendais parler autour de moi.

Alors oui, grand-mère Janna est morte et c’était comme ça… Les mots étaient ceux-là. Crus. Sans fioritures. Pas de « décédée », « partie » ou encore « disparue ».

Et puis, je suis devenue adulte et la distanciation est devenue plus difficile. J’ai gardé le côté cru… Il y a les morts, MES morts, dont la liste devient plus longue avec le temps qui passe.

Je n’avais pas du tout prévu d’écrire sur la mort. Ni aujourd’hui, ni demain. Si je fais un pas de côté pour observer mes pensées, à l’origine il y a ce que mes tripes me disent depuis le milieu d’après-midi. J’ai le ventre tout serré depuis que j’ai appris la mort de Gaspard Ulliel. Un de mes acteurs favoris. Je sens vraiment cette torsion à l’intérieur de mon ventre et j’ai la gorge serrée. Je ne parviens pas à digérer cette information. Je suis clairement dans le déni.

Une de mes amies me disait que c’était étrange cette façon d’être impactée par la mort d’un étranger, qui n’en était pas totalement un, puisque faisant partie de notre paysage depuis de longues années maintenant. Pourquoi être si bouleversées ?

Elle me disait aussi qu’elle trouvait cela injuste. Qu’elle ne comprenait pas les « choix » de la faucheuse…

J’avoue me poser aussi souvent cette question. Plus tout à fait comme avant, mais quand même… J’avance sur mon chemin de développement, d’acceptation et ce qui résonne en moi la plupart du temps c’est que « tout est juste ».

Là, j’avoue que je ne comprends pas. 37 ans, talentueux… Je sais pourtant qu’il n’y a rien à comprendre. En tous cas, dans le cadre de référence que je me suis construit (mes valeurs, mes croyances, mes apprentissages…). Ce qui est, est…

J’avoue être « choquée ». Est-ce la soudaineté de l’événement ? L’affect pour ce beau jeune homme dont j’adorais le jeu ? Sa jeunesse ?

A partir de quel âge cela nous parait juste de voir mourir quelqu’un ? Comment estimons-nous que c’est plus injuste pour l’un que pour l’autre ? Quelle part de nous est atteinte dans la mort de l’autre ? Qu’est-ce que ça dit de nous ? De nos peurs ? De nos croyances ?

Je n’ai pas de réponses. Je n’ai que mes réponses… et beaucoup de questions ! J’accueille mes ressentis, j’observe…

Je remercie la vie de m’avoir fait aimé Gaspard dans tant de films. De l’avoir trouvé si beau, si magnétique. D’avoir été témoin de la beauté et de la douleur dans son jeu… D’avoir tant pleuré devant « Un long dimanche de fiançailles ». D’avoir été scotchée par « Juste la fin du monde »…

Se souvenir des jolies choses…

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